Les premières théories cosmologiques sont celles des Mésopotamiens et datent de 4 000 ans avant J.C.
C’est entre les IVè et IIIè millénaires avant JC, pendant l’ère sumérienne (actuelle Irak) que les premiers systèmes astrologiques furent mis au point. Ils se représentaient l’univers comme une immense boule creuse, composée de deux hémisphères : le Ciel, ou l’En-Haut, et l’Enfer, ou l’En-Bas. Selon la même interprétation du monde, les Mésopotamiens avaient imaginé que les deux hémisphères se rejoignaient à l’horizon, visibles par la surface des eaux, desquelles émergeait la Terre. Ainsi, à leurs yeux et sous leurs yeux, les étoiles et les planètes se déplaçaient naturellement de l’En-Bas vers l’En-haut et de l’En-haut vers l’En-Bas, au-dessus et au dessous du plan de l’horizon de la surface de la mer, dans cette grosse boule universelle au centre de laquelle se trouvait la Terre.
D’après ces théories la Terre est le centre de l’Univers et les autres astres se déplacent autour d’elle. Dans la Mésopotamie ancienne, au pays de Sumer, en Assyrie et à Babylone, la chronologie commence avec le roi Sargon Ier, roi d’Assyrie (v. 2048-2030 av. JC)
Le jour était divisé en 12 parties égales divisées à leur tour en 60 parties. Ce chiffre 12 a permis de définir l’année avec ses 12 lunaisons et signes, et les journées avec leurs 12 heures qui deviendront les maisons.
Le passage de la Lune au Soleil fut le fait de l’élite intellectuelle de la Mésopotamie qui parvint à consigner ses observations astronomiques grâce à l’invention de l’écriture cunéiforme et à l’utilisation des systèmes décimaux et sexagésimaux.
Une astronomie objective, consignant soigneusement les positions des planètes, est déjà bien établie au VIIIè av. J.C. Elle s’accompagne de prédictions et présages concernant intempéries, récoltes, guerres, souverains et événements publics.
On a retrouvé à Ninive, dans la bibliothèque d’Assurbanipal (669-626 av. JC) une série de tablettes contenant la description des 36 constellations (décans) et des douze signes du zodiaque, les éclipses du Soleil et environ 7000 présages relatifs à l’économie du pays et aux événements publics. En voici un exemple : « En ce jour, la planète Mercure est visible. Quand Mercure est visible au mois de Kislou’, il y aura des voleurs dans le pays ».
Chaque astre correspond à un dieu. Shamash-Soleil était fils du dieu lunaire Sin, ce qui montre l’origine lunaire du repérage temporel et des calendriers. Ishtar-Vénus était vénérée comme dieu de l’amour. Ninurta-Mars était le dieu de la guerre. Nabu-Mercure est le dieu des connaissances, et Nergal-Saturne était lié à la justice et à l’ordre. Au sommet de cette multitude de divinités, régnait Marduk-Jupiter, qui assurait la direction du Panthéon, et la maîtrise sur tout l’Univers pour avoir battu Tiamat, l’intraitable et sauvage déesse du chaos.
Les Mésopotamiens n’ont jamais cru que les astres en tant que tels exerçaient une influence sur la vie des hommes. Ils pensaient qu’étoiles et planètes étaient associées avec des dieux ou étaient elles-même des dieux. De nombreux peuples conçurent des idées similaires, mais seuls les Mésopotamiens insistèrent sur les planètes et les étoiles comme indicateurs de la volonté divine.
Néanmoins un certain scepticisme religieux existait. Si l’astrologie individuelle n’existait pas encore, on assiste alors à la naissance des premières typologies et caractérologies astrologiques sous l’influence des Perses (conquête de la Mésopotamie par Cyrus en 539 av. JC) et de leurs conceptions d’un destin individuel. L’horoscope individuel faisait alors ressortir l’horizon (Asc. Desc. Mc.) et les coordonnées précises en degré et minutes des positions planétaires. Il n’y avait pas de FC parce que c’était le royaume souterrain : on n’y touchait pas !!
A partir du Vè siècle av. JC. les Babyloniens furent en mesure de calculer précisément les positions de la Lune. Ils utilisèrent alors le cercle gradué en 12 parties de 30° qui correspondent au zodiaque tropique (fondé sur les saisons), alors que le zodiaque sidéral (fondé sur les constellations) date de l’époque d’Hammourabi vers 1.700 av. JC.
La précession des équinoxes, décalage entre zodiaque tropique et zodiaque sidéral, était alors connue des Babyloniens, qui cherchèrent à compenser ce phénomène en décalant le début de l’année. Dès le IVè siècle av. JC, ils créèrent des éphémérides qui indiquaient l’emplacement des planètes et des luminaires. A partir de ce moment, certains savants se désintéressent du sujet, puisque ce qui est clairement prévisible ne saurait être la manifestation de la volonté divine.
Quels étaient les rapports de l’homme avec l’infini cosmique ?
« Les 7 astres soumis à Anon, le père universel, annoncent les événements futurs et interprètent aux hommes les desseins bienveillants des Dieux «. Les 7 astres étaient :
-Le Soleil
-La Lune
-Mercure
-Vénus
-Mars
-Jupiter
-Saturne
Puis les prêtres astrologues observèrent que le mouvement apparent du Soleil se situe dans la bande du ciel appelée l’écliptique, et qu’il traverse chaque mois une constellation d’étoiles fixes différente. De là sont nés les 12 différents signes, formant ce que l’on a appelé le Zodiaque. Ils conservaient des statistiques détaillées sur les mouvements respectifs du Soleil, de la Lune et des planètes. Ils étaient capables de prédire approximativement les éclipses – sans pour autant en comprendre la cause. Ils précisèrent le temps écoulé entre deux pleines lunes comme étant légèrement supérieur à 29 jours½.
Le développement des techniques de l’astrologie mésopotamienne traversa trois phases :
La première s’appuie sur les relevés de présages décrits plus haut.
La seconde est similaire, mais l’écliptique est reconnu, et divisé en douze signes. Une grande attention est accordée aux séjours de Jupiter (un signe par an).
La troisième voit l’apparition de l’astrologie appliquée aux individus. Ces présages de naissance exposent la concomitance d’un événement céleste et d’une naissance. Ils énoncent les conséquences pour l’individu du phénomène constaté, dans le domaine de la réussite sociale, de l’espérance de vie….
La plus ancienne tablette astrologique connue remonte au II è millénaire avant JC. Elle nous apprend que les Babyloniens interrogeaient les astres pour savoir quel moment était le plus favorable pour une récolte, la construction d’un temple, l’invasion d’un territoire ou tout autre événement public. La configuration du ciel pouvait aussi annoncer la mort d’un roi, une famine, une épidémie, etc… Mais en aucun cas il ne s’agissait de prédire le sort d’un individu en particulier. La notion de destin individuel n’avait aucun sens dans la cosmologie traditionnelle babylonienne. Ce sont les Grecs qui hériteront des connaissances astronomiques et astrologiques des suméro-babyloniens.
fév
26
2010
